Conflits de valeurs au travail : six actifs sur 10 concernés

Pénibilité, manque de moyens, désaccord éthique… Six actifs sur dix sont exposés à des conflits de valeurs au travail. C’est ce que révèle une enquête de la Dares sur les conditions de travail que confirment les chiffres de l’assurance maladie. Mais quelles sont les catégories professionnelles concernées et quel est son impact sur la santé ?

Qu'est ce qu'un conflit de valeur au travail ?

« Ensemble des conflits qui portent sur des choses auxquelles les travailleurs octroient de la valeur : conflits éthiques, qualité empêchée, sentiment d’inutilité du travail, atteinte à l’image du métier« .

Parmi les facteurs de risques psychosociaux au travail, c’est ainsi que se définit la notion de conflits de valeurs au travail dans l’analyse de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) publiée en mai 2021(nouvelle fenêtre)

L’employeur doit impérativement réaliser et mettre à jour le Document Unique d’évaluation des risques (DUER) pour assurer la sécurité et protéger la santé des salariés. 

Quels sont les profils de conflit de valeur ?

L’enquête distingue six profils d’exposition aux conflits de valeurs

Source : Vie-publique.fr /DILA, enquête CT-RPS 2016 Dares, DGAFP, Drees et Insee

Les actifs en contrat précaire sont la catégorie qui déclare le moins souvent être exposée à des conflits de valeurs malgré des situations possibles de désaccord personnel ou de sacrifice de la qualité de travail.

Quelles sont les causes possibles ?

Parmi les causes possibles de conflits de valeurs au travail nous retrouvons : 

  • Un rythme et une quantité de travail excessifs 
  • Être souvent amenés à faire des choses qu’ils désapprouvent
  • Mentir à des clients, des patients, des usagers, des collègues
  • Prendre des risques pour leur santé mentale ou physique ou pour celles des usagers, des clients, des patients ou des collègues.
Ces situations concernent globalement plus souvent les emplois en contact avec le public comme les professions de santé, l’enseignement, la sécurité publique mais aussi les employés des banques et des assurances ou les cadres de la fonction publique.

Les salariés les plus exposés aux conflits de valeurs et à leur cumul déclarent plus fréquemment une santé physique et mentale dégradée.

Comme les auteurs de l’enquête le rappellent, ces situations de conflits de valeurs, sources de souffrance, peuvent conduire à des cas extrêmes de suicide. 

Quelques chiffres

  • 61% des actifs en emploi se disent exposés à des conflits de valeurs et parmi eux plus d’un tiers vivent un conflit éthique important
  • 47% des actifs qui sont victimes d’une surexposition aux conflits de valeurs déclarent une santé altérée même si les chiffres sont plus faibles pour ceux qui ont la fierté d’un « travail utile et bien fait »
  • Ces situations peuvent également engendrer des troubles du sommeil (risque entre 1,4 fois et 1,6 fois plus élevé) et provoquer des symptômes dépressifs (16% dans le cas de conflits portant sur le sens et la qualité du travail et jusqu’à 26% dans le cas de surexpositions aux conflits de valeurs)

     

Source : Vie-publique.fr, par la Rédaction publié le 14 juin 2021

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