Le harcèlement s’est digitalisé depuis le début de la crise sanitaire

Le harcèlement au travail n’a pas diminué du fait du confinement et de la crise sanitaire en général : il a juste changé de visage et s’est digitalisé. Réduction du nombre d’échanges, « oubli » d’invitations à des réunions, isolement ou, au contraire, requêtes paradoxales et contrôles intempestifs, sont ses principales manifestations.

Comment reconnaître un acte de harcèlement ?

Pour identifier une situation de harcèlement, trois facteurs doivent être identifiés : il faut que l’acte atteigne les droits, la santé ou la dignité humaine, qu’il soit répété et s’inscrive dans la durée.

La crise sanitaire a-t-elle réduit les actes de harcèlement ?

Non, il a seulement changé de canal en devant plus digital. Avec la crise, le mode d’organisation des entreprises s’est modifié. Les sollicitations multiples et les injonctions paradoxales, rendues possibles par la diversité des moyens de communication, se sont développées considérablement.

De même, la frontière entre vie professionnelle et privée est devenue plus ténue, favorisant les comportements déviants. Ces derniers se sont exacerbés, de façon consciente ou inconsciente, et des abus de contrôle des collaborateurs se sont déployés loin du regard des entreprises. 

Quelques exemples de harcèlement digital ?

De nombreux salariés ont basculé en télétravail et se sont isolés chez eux. Cette solitude a profité aux harceleurs. Textos, mails et autres visioconférences à répétition sont devenus familiers, oblitérant la sphère privée. Si les acteurs du harcèlement sont restés les mêmes, les nouvelles technologies ont changé le mode opératoire.

De nombreux secteurs ont été mis à l’arrêt car jugés non essentiels. Les salariés concernés ont pu ressentir un sentiment d’inutilité, s’ajoutant parfois au manque d’estime de soi. Par la suite, il a été demandé à certains d’entre eux de revenir, excluant encore plus ceux dont le métier n’était pas essentiel à la survie de l’entreprise. Cela a contribué à un sentiment de dévalorisation et à créer un climat d’incertitude très anxiogène.

Par ailleurs, les cas de harcèlements ont été plus discrets car sans témoins. Jusqu’alors, lorsqu’un manager adoptait une attitude irrespectueuse, il pouvait y avoir un témoin pour juger de la scène.


Comment protéger la santé de ses salariés ?

La rapidité avec laquelle été organisé le télétravail a fait ressortir l’importance d’accompagner le management à distance. Dirigeants et managers n’ont pas perçu à quel point la gestion d’équipe à distance était délicate. Ils n’ont pas vu tout de suite le mal-être de leurs collaborateurs, ces derniers communiquant peu entre eux. 

La solution tient dans la formation et l’accompagnement, à la fois pour gérer les équipes mais aussi pour disposer des bons outils pour prévenir le harcèlement à distance. Il semble maintenant urgent de multiplier les initiatives pour « autonomiser » les salariés qui souhaitent retrouver le contact avec leurs collègues. Reste à organiser cette remise en route.

Le Document unique d’évaluation des risques professionnels reste également indispensable pour assurer la sécurité et la santé des salariés. 

Source : FocusRH, publié le 14 juin 2021

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